Albert Londres suit le Tour de France 1924 pour le Petit Parisien. Ses articles sont datés des villes d'étape et vont du 22 juin au 20 juillet. Il s'intéresse aux petits et grands événements tel qu'il les voit depuis son automobile plutôt qu'aux résultats sportifs, et surtout aux hommes dont il fait le portrait. Il décrit de façon poignante la vie dure des coureurs sur les routes de l'époque, des gravillons de silex en Bretagne à la boue des cols pyrénéens et alpins. Il nous fait assister aussi à l'immense engouement populaire. Albert Londres, né le 1er novembre 1884 à Vichy et mort le 16 mai 1932 dans l'océan Indien, est un journaliste et écrivain français. « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie[1]. » Cette maxime d’Albert Londres résume l’idéal de ce professionnel de l’information qui reste une référence pour de nombreux journalistes français. Depuis 1933, le prix Albert-Londres récompense les meilleurs journalistes francophones. Les premiers articles Après le lycée, il part à Lyon en 1901 pour travailler en tant que comptable, puis décide de se rendre à Paris en 1903. Il y publie son premier recueil de poèmes en 1904. Outre Suivant les heures (1904), René Varennes signale les recueils ultérieurs de L’âme qui vibre (1905-1907), Lointaine, La Marche à l’étoile (1908-1910), ainsi qu’une pièce de théâtre en cinq actes et en vers : Gambetta , qui ne fut cependant jamais jouée. Je m’enfermerai dans ma noble tour. Cloîtré je ferai d’ardentes prières Pour que l’amitié n’ait plus de frontières. Et j’attendrai là le lever du jour Où pas un n’aura de droit sur ses frères. [Extrait de 175 Poètes bourbonnais, page 449, anthologie de René Varennes] Il écrit occasionnellement des articles pour des journaux de sa région, avant de devenir correspondant parisien du journal lyonnais Le Salut Public. Cette même année naît sa fille Florise. Sa compagne, Marcelle Laforest décède un an plus tard. En 1906, il commence sa carrière de journaliste parlementaire au Matin. Il est chargé d'écouter ce qui se dit dans les couloirs du Palais Bourbon, de le rapporter mais il ne signe pas encore ses articles. Lorsque la Première Guerre mondiale est déclarée en 1914, Albert Londres, réformé en raison de sa santé précaire et d'une faible constitution, devient correspondant militaire pour le journal au ministère de la Guerre. Correspondant de guerre par la suite, il est envoyé à Reims lors du bombardement de la ville, aux côtés du photographe Moreau. Le premier grand article de cet observateur narre l'incendie de la cathédrale le 19 septembre 1914 ; il sera publié deux jours après.
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