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Macadam: Courir les rues - Brossura

Abbas, Mo

 
9782919511594: Macadam: Courir les rues

Sinossi

Mo Abbas est un poète itinérant dans les villes où il observe et croque en détails et en jeux de mots les incongruités urbaines. Son écriture est fortement inspirée des poètes de l'Oulipo, l'Ouvroir de littérature potentielle, et l'on entend dans ses mots l'écho de Pérec ou de Calvino. Ses poèmes sur le macadam sont comme des regards d'enfants attentifs aux détails et cherchant les mots pour mieux les exprimer. Mo Abbas liste et consigne les panneaux de signalisation, les noms de rues insolites, les devantures de cafés, les cris des gabians et les cris des mamans, les bruits, les voix, les sons, les têtes, les bêtes, tout... Et tout cela ressurgit dans son écriture urbaine. A partir de ces chroniques poétiques, Julien Martinière a mis en scène un ours dans les rues de la ville, un ours avec un chapeau, des lunettes, une moto, un ours comme un homme, mais légèrement décalé... Un ours dans la ville avec la vie marseillaise qui tourne autour de lui, tout cela est-il bien urbain ?

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Informazioni sull'autore

Mo Abbas est né en 1972 en Algérie et il vit à Marseille depuis son adolescence. Après des études en philosophie, il s'adonne à l'écriture et anime des ateliers d'écriture pour différentes structures, dont Le port a jauni dont il est un partenaire très actif depuis plusieurs années. Il a déjà publiés certains de ses poèmes au Port a jauni dans le recueil collectif Alifbata (illustrations de Zeynep Perinçek, collection A double sens, 2011). Julien Martinière est né en 1978 à côté de Poitiers, il vit et travaille à Lille. Après des études aux Beaux-Arts, il devient illustrateur et réalise des dessins animés. Son univers graphique très inspirés de l'illustration des années 1970 et de l'illustration anglo-saxonne nous renvoie à un imaginaire littéraire proche de Queneau et Zazie dans le métro, tout cela se marie très bien avec les mots de Mo Abbas, eux-mêmes reliés à l'Oulipo et aux exercices de styles.

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Le lampadaire Arbre candélabre planté au carrefour entre la terre et le ciel, un lampadaire s’allume par intermittence. Il fait de l’ombre à la nuit et à ses mystères fertiles, il brille, il illumine le sommeil des exclus, les chiens qui hurlent à la lune en se soulageant à ses pieds, les chats et les passants gris, les somnambules dont il est le guide et le sauf-conduit. Il rebondit, il réfléchit, il irradie l’écho de nos pas dans la nuit. Mais que reste-t-il du réverbère quand le soleil surgit ? Un lampadaire à l’agonie, un souvenir éphémère comme les ailes d’un papillon de nuit, qui commence la journée par s’éteindre. La gare Aux pieds des escaliers de la gare marches larges, longues, monumentales, la métropolis : sur le goudron, les pneus crissent, les valises à roulettes glissent, chiens et oiseaux fientent et pissent. Hilares, des gabians gloussent comme des gosses. Une demi-enseigne clignote, hot hot, devant la porte, un homme aux tempes grisonnantes grille un mégot en matant une grue traverser le ciel, rêveur, songe-t-il aux galets, à la digue, à la grève de son enfance ? Songe-t-il à gravir les escaliers, à partir pour ne plus revenir ? Ou se laisse-t-il seulement griser par l’odeur des gravats, des pavés, et la grâce des graviers ?

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