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Socrate - Brossura

Martinetti, Piero

 
9791097497828: Socrate

Sinossi

Qu’est-ce que fonder en philosophie, ou fonder la philosophie ? La figure de Socrate n’a jamais cessé d’être décisive : c’est à proportion de ce caractère que Martinetti l’interroge, en menant une enquête inséparablement historique et phi-losophique, et c’est là sans doute sa nouveauté. Si en effet nous nous pensions philosophes dans le même sens que Socrate, sa figure ne ferait pas mystère et l’enquête ne porterait pas sur la question : quel philosophe était Socrate ? Mais s’il y avait entre lui et nous une rupture radicale ― par exemple, dans le fait qu’il était un homme tout occupé de vivre, tandis que la philosophie actuelle s’apparente à une activité théorique abstraite de la vie ―, nous cesserions de vouloir nous reconnaître en lui. Ce paradoxe, qui a pour cause l’inadéquation principielle de ce qui est fondé à sa fondation, soit l’impossibilité de faire coïncider la philosophie telle que la pratiquait Socrate et la tradition qu’il a fait naître, est au cœur de l’interrogation de Martinetti : la philosophie, nous dit-il, est une tradition monumentale, vivante et riche ; elle est une grande et belle chose, peut-être la plus grande des réalisations hu-maines ; Socrate, qui en est le fondateur, doit avoir été un homme d’une valeur exceptionnelle, à la hauteur de l’histoire qui s’est bâtie sur sa vie et sa pensée ; donc le Socrate idéal et le Socrate réel doivent en partie coïncider. Socrate devient donc une pierre de touche pour Martinetti : la métaphysique de Socrate n’est pas seulement une vague intuition, mais bien sa foi la plus pro-fonde et son plus grand mérite : celui de communiquer au monde entier l’existence dans l’homme d’un « principe transcendant » vers lequel tendre. La parole socratique ne se comprend pas sans la volonté d’ouvrir à l’individu une conscience plus profonde de la dimension spirituelle de l’homme et d’en faire valoir l’exigence morale.

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Informazioni sull'autore

Piero Martinetti (1872-1943) étudie à Turin et à Leipzig et enseigne pendant quelques années dans des lycées. Dès son premier ouvrage, qui est le fruit d’une connaissance approfondie de l’un des systèmes métaphysiques les plus rigoureux de l’Inde ancienne (Le système Sankhya,1898), il fait preuve d’une singularité philosophique qui sera pour ainsi dire sa marque de fabrique, dans sa quête d’une sorte de « religion rationnelle » appelant tous les vivants au « règne de l’esprit ». Son deuxième ouvrage, qui lui ouvre les portes de l’université (il sera professeur à l’Université de Milan de 1906 à 1931), est une confrontation origi-nale et intense avec des philosophes anciens, modernes et contemporains autour d’une théorie de la connaissance comme introduction à la métaphysique (Intro-duction à la métaphysique. I. Théorie de la connaissance,1902). Pour Martinet-ti, l’Unité métaphysique absolue est le terme ultime d’un processus progressif qui part du multiple empirique et reste transcendant à ce multiple. Son point de départ est bien le moi individuel comme synthèse unitaire du multiple empi-rique, qui poursuit sa lente ascension vers l’Unité transcendante, ascension dans laquelle la composante morale joue un rôle important de pivot. Cette composante morale marque l’ensemble de sa vie ― chez lui, le philo-sophe et l’homme ne se distinguent pas. Le conflit avec le fascisme, dans lequel il ne voyait dès le début que démagogie et violence, s’intensifie à la fin des an-nées vingt. En 1931, il refuse de prêter serment au régime et est contraint d’abandonner sa chaire, se retirant dans sa maison de Castellamonte où, tout en conservant des contacts avec le monde culturel antifasciste, il poursuit ses études et ses réflexions jusqu’à sa mort (cirons par exemple son grand ouvrage de 1928, La liberté). De ces années date une vaste recherche sur Jésus-Christ et le christianisme, livre qui paraît de manière semi-clandestine en 1934, mais qui, mis à l’index par le Saint-Office, est retiré de la vente sur ordre du Parti. Dans sa retraite de la montagne piémontaise, il ne cesse d’écrire des articles, notam-ment dans la revue qu’il a fondée (Rivista di filosofia), sans que leur publica-tion confidentielle nuise au magistère intellectuel et moral qu’il exerce sur de nombreux philosophes de son temps. Les manuscrits de son dernier ouvrage sur la métaphysique, qui aurait donné toute sa dimension à ce qu’il avait indiqué dans son Introduction de jeunesse, ne seront publiés que plus de trente ans après sa mort. Aucun des textes de Martinetti n’a été traduit en français jusqu’à ce jour.

Dalla quarta di copertina

Qu’est-ce que fonder en philosophie, ou fonder la philosophie ? La figure de Socrate n’a jamais cessé d’être décisive : c’est à proportion de ce caractère que Martinetti l’interroge, en menant une enquête inséparablement historique et phi-losophique, et c’est là sans doute sa nouveauté. Si en effet nous nous pensions philosophes dans le même sens que Socrate, sa figure ne ferait pas mystère et l’enquête ne porterait pas sur la question : quel philosophe était Socrate ? Mais s’il y avait entre lui et nous une rupture radicale ― par exemple, dans le fait qu’il était un homme tout occupé de vivre, tandis que la philosophie actuelle s’apparente à une activité théorique abstraite de la vie ―, nous cesserions de vouloir nous reconnaître en lui. Ce paradoxe, qui a pour cause l’inadéquation principielle de ce qui est fondé à sa fondation, soit l’impossibilité de faire coïncider la philosophie telle que la pratiquait Socrate et la tradition qu’il a fait naître, est au cœur de l’interrogation de Martinetti : la philosophie, nous dit-il, est une tradition monumentale, vivante et riche ; elle est une grande et belle chose, peut-être la plus grande des réalisations hu-maines ; Socrate, qui en est le fondateur, doit avoir été un homme d’une valeur exceptionnelle, à la hauteur de l’histoire qui s’est bâtie sur sa vie et sa pensée ; donc le Socrate idéal et le Socrate réel doivent en partie coïncider. Socrate devient donc une pierre de touche pour Martinetti : la métaphysique de Socrate n’est pas seulement une vague intuition, mais bien sa foi la plus pro-fonde et son plus grand mérite : celui de communiquer au monde entier l’existence dans l’homme d’un « principe transcendant » vers lequel tendre. La parole socratique ne se comprend pas sans la volonté d’ouvrir à l’individu une conscience plus profonde de la dimension spirituelle de l’homme et d’en faire valoir l’exigence morale.

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